Tribunes / octobre 21, 2017

Luttons contre les déserts médicaux !

Au XXIème siècle, à l’ère du progrès, le non-accès aux soins n’est pas un choix mais une réalité.

Les territoires où l’offre médicale est insuffisante sont encore trop nombreux. Les causes sont multiples : Difficulté d’attractivité de certains territoires, mauvaise répartition des médecins en France, carence d’équipements ou d’infrastructures…

Cette crise intolérable, dont souffrent nos concitoyens de la ruralité, persiste malgré les mesures prises par le passé telles que l’augmentation du numerus clausus (8800 en 2017 contre 3700 en 1999), les contrats d’engagements du service public qui permettent aux étudiants en médecine de se voir financer leurs études en contrepartie d’un engagement à exercer dans les zones rurales, l’attribution d’indemnités et d’avantages fiscaux pour les médecins en exercice…

La question quantitative ne se pose pas. Selon l’INSEE, la France ne manque pas de médecins (330 pour 100K habitants, avec un seuil critique fixé à 250). La réputation exceptionnelle de nos praticiens n’est plus à faire. Où se trouve donc la cause ?

Tandis que la technique médicale ne cesse de se perfectionner, sa propagation dans les communes les plus reculées semble hors de portée. Les pouvoirs publics doivent se saisir de deux enjeux majeurs : l’organisation territoriale de l’offre médicale et la mise à disposition d’infrastructures.

A la croisée entre attractivité et facilité d’accès, l’organisation territoriale est une part importante de l’équation. Certaines communes subissent une carence en termes d’offre économique et culturelle. Face à ce manque, il est compréhensible que les médecins s’installent dans des grandes villes, où la qualité de vie s’accorde avec leurs besoins. De plus, la numérisation des données médicales est un prérequis afin de franchir les barrières physiques ; le coût du trajet et sa durée souvent excessifs sont une source de renoncement aux soins. A ce titre, un déverrouillage de l’accès à la télémédecine, une couverture haut débit et un vaste plan d’urbanisme sont des objectifs capitaux dans la lutte contre cette crise. Il faut donc trouver les formes d’organisation les mieux adaptées à la fois aux besoins de la population et aux aspirations des praticiens, revaloriser son environnement afin de susciter un regain d’attractivité.

Saluons l’effort de mise en place de structures, telles que les maisons de santé, qui constituent un refuge, un accès non négligeable aux soins pour la santé de nos français. Nous devons persister sur cette voie car au-delà de l’aspect médical, ces centres de santé prennent part au maillage du territoire, facilitent la relation ville-hôpital et tendent à reconstituer un lien social entre les villages et les villes.

Néanmoins, un effort supplémentaire reste à faire, un effort soutenu par les nouvelles technologies : le partage des tâches. Aujourd’hui, plus de 50% des tâches médicales, comme la vaccination, sont réalisables par d’autres professionnels de santé, infirmiers et pharmaciens notamment. Ces gestes, fondamentaux, simplifiés par la technologie ne requièrent plus une technicité élevée.

Nos propositions

Ce sujet a déjà fait l’objet de la part des Jeunes Républicains des Alpes-Maritimes de nombreux échanges, notamment dans le cadre des réunions « Vendredi de la Jeunesse des Idées » organisées sous le patronage de la députée Marine Brenier. Nous avions à cette occasion émis plusieurs propositions à étudier pour endiguer le phénomène de désertification médicale :

  • Développement des maisons médicalisées, structures qui permettent de regrouper en un seul endroit plusieurs médecins, généralistes et spécialistes, permettant notamment une mutualisation des coûts
  • Réévaluer les dispositifs d’incitation à destination des médecins généralistes, notamment en songeant à l’exonération des bénéfices réalisés par les médecins s’installant dans ces secteurs
  • Sensibiliser les étudiants en médecine à cette problématique, en réformant le contrat d’engagement avec le service public tel qu’il existe aujourd’hui pour permettre la prise en compte des spécialités les plus demandées par les médecins, et valoriser les stages réalisés dans les déserts médicaux.
L’égalité des territoires, c’est aussi l’égalité de l’accès aux soins. C’est pour cela que la lutte contre les déserts médicaux doit être une priorité.