La parole est à vous / février 22, 2017

La qualité de l’air, un enjeu majeur de santé publique

Récemment, les services du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, ont publié le bilan de la qualité de l’air en France. Les conclusions sont plutôt encourageantes, puisque sur l’année 2015, les émissions de polluants ont diminué. Cependant, avec 48000 morts par an, la pollution de l’air apparaît au troisième rang des causes de décès, après le tabac (78000 morts par an) et l’alcool (49000 morts par an). Il s’agit d’un problème majeur de santé publique qui touche aussi bien les pays développés que les pays en développement.

Lorsque nous entendons parler de qualité de l’air, nous pensons indéniablement à la pollution atmosphérique. Or, la pollution de l’air intérieur est une problématique tout aussi importante si ce n’est plus. Effectivement, nous passons environ 80% de notre temps à l’intérieur de bâtiments. Contrairement aux idées reçues, l’air intérieur est 6 à 8 fois plus pollué que l’air extérieur.

La pollution de l’air peut avoir divers effets sur la santé à court terme (maladies respiratoires comme l’asthme ou la pneumonie) et à long terme (cancer du poumon). Des effets plus graves sont observés chez les personnes déjà malades. Les populations plus vulnérables comme les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes sont également plus impactées.

L’amélioration de la qualité de l’air que nous respirons peut réduire considérablement le nombre de personnes souffrant de maladies respiratoires et cardio-vasculaires. La mise en œuvre de politiques et de réglementations, visant à contrôler les émissions de polluants atmosphériques et à développer des solutions tournées vers la mobilité durable, peut améliorer la qualité de l’air et ainsi réduire la charge de morbidité et améliorer la santé.

C’est dans cette optique que la Métropole Nice Côte d’Azur œuvre pour améliorer la qualité de l’air. Des capteurs de polluants ont été déployés sur l’ensemble du territoire afin de surveiller en temps réel les taux de polluants dans l’air. En cas de dépassement de seuils, des mesures exceptionnelles sont prises (réduction de la vitesse sur les principaux axes routiers…). Tout un ensemble de dispositifs a également été mis en place : construction de la ligne 2 du tramway qui reliera l’aéroport et le Centre Administratif Départemental des Alpes Maritimes au port de Nice en 26 minutes ; mise à disposition de voitures électriques et de vélos bleus ; création de bornes électriques ; construction d’éco quartiers…

Pour finir, l’amélioration de la qualité de l’air passe aussi par une prise de conscience individuelle et un changement d’habitudes. De petites choses au quotidien peuvent faire la différence : éviter de prendre la voiture pour les trajets de courtes distances, aérer son logement au moins 20 min par jour surtout en hiver, ne pas surchauffer les pièces à vivre, bannir les bougies d’intérieur et encens qui sont des irritants du système respiratoire…

 

Sophie Bernard
Jeune Républicaine des Alpes-Maritimes
Géographe en santé environnementale
Laboratoire de santé publique CHU de Nice