Étudiants Républicains / collège, éducation, gouvernement / mai 21, 2015

Réforme du collège : énième crise d’autorité du gouvernement

On savait le service d’information du gouvernement amateur de Game of Thrones lorsqu’il s’agit de communiquer sur les réseaux sociaux, on sait maintenant que le gouvernement s’inspire de la série dans la politique qu’il conduit ! Loi Macron et emploi de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, loi Santé et maintenant la réforme du collège passée par décret durant la nuit du 19 au 20 Mai au lendemain d’une manifestation d’opposition : le gouvernement ne se gêne plus pour imposer son « changement », combien même il est absurde et désapprouvé par les Français.

Game of Valls

La réforme collège n’en est qu’un (triste) exemple supplémentaire. Najat Vallaud-Belkacem et le gouvernement entendaient vouloir un collège de l’égalité, de l’excellence et de la réussite avec cette réforme, mais on croirait qu’ils n’ont présenté la bonne version aux Français : suppression entre autres des classes bilingues ou de l’apprentissage du latin et du grec le tout pour mettre en place un nivellement par le bas. Ce n’était pas la droite seule qui était et reste contre ce projet. Dans l’opposition à la réforme on trouvait aussi une partie de la gauche avec Jack Lang ou encore l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, on trouvait les groupes d’amitiés franco-allemandes et leurs homologues germaniques, on trouvait plus de 60% des Français. Et c’est au prix d’un simple calcul politique que le gouvernement compte détruire le collège et égratigner nos relations avec l’Allemagne : plutôt que de voir détruit un texte imparfait symbolisant l’idéologie de la gauche sur le système éducatif et de le retravailler dans l’intérêt des générations à venir, autant risquer une polémique en plus et aller à l’encontre des Français en publiant durant la nuit le décret au Journal Officiel de la République Française. Si Najat Vallaud-Belkacem promet d’entendre les réflexions à venir après la publication du décret en ‘modifiant’ ce dernier avec des circulaires, on attend avec impatience de voir celles qui restaureront les classes bilingues, l’étude des Lumières ou encore du latin et du grec. Mais ne soyons pas dupes, aucune circulaire d’application ne modifiera le fond de la réforme. D’un certain point de vue, François Hollande et le gouvernement n’ont pas menti : le collège sera marqué par l’égalité et la réussite, mais vu que le niveau sera au plus bas, ce ne sera pas bien difficile si on ne regarde que les résultats. Mais quid de la connaissance, de la culture qu’auront ces collégiens ? De plus, en voulant supprimer les inégalités dans la réussite entre les diverses classes sociales, cette réforme fera sans doute l’inverse : les parents se tourneront plus souvent vers les établissements privés, qui continueront de proposer des classes bilingues, qui maintiendront un certain niveau que les établissements publics perdent peu à peu. Les classes aisées le faisant déjà, pas de différence sur ce point-là, mais de plus en plus de parents des classes moyennes et populaires se saigneront pour ne pas voir leurs enfants bénéficier d’une éducation au rabais. Est-ce donc ça l’école de la République ? Celle qui au lieu de promouvoir l’excellence promeut la médiocrité ? Celle qui par égalité créé un énorme schisme entre enseignement public et privé ? Celle qui à l’enseignement des Lumières préfère les cours d’improvisation de Jamel Debbouze ? Celle qui par réussite entend ‘résultats’ et propose d’enlever des programmes des notions complexes pour avoir un encore meilleur taux de réussite au brevet et au baccalauréat, corrigeant la conséquence et non la cause du problème ?

Combien de temps encore les socialistes compteront-ils détruire ce qui fait la France ? Jusqu’où pousseront-ils le laxisme de la Justice ? Jusqu’où pervertiront-ils l’Éducation ? Jusqu’à quand traiteront-ils les Français avec condescendance, ignorant leur mécontentement ?

Ce sont les raisons pour lesquelles nous appelons le gouvernement à revenir sur leur crise autoritaire, à remettre à plat leur réforme et à travailler sur un nouveau projet.

David Nouy