Tribunes / décembre 10, 2017

L’économie de start-up en France : une clé pour l’emploi

Il ne se passe plus un jour sans voir apparaître, dans la presse ou sur l’un de nos fils d’actualités, des articles portant sur les start-up. Parfois utilisé à tort et à travers, il convient de définir ce qu’est une start-up.

Selon Steve Blank, auteur mais surtout célèbre entrepreneur de la Sillicon Valley, une start-up est une organisation temporaire à la recherche d’un business model industrialisable et permettant une croissance exponentielle.

Si l’on en entend souvent parler, y apposer une définition précise est toutefois compliqué. Traduit littéralement de l’anglais, le terme « Start-up », signifie « qui démarre » ou « qui se lance ». Sur toutes les entreprises qui se lancent, seule une petite fraction rentrent dans cette catégorie. Par exemple, il ne nous viendrait pas à l’idée de qualifier de start-up le nouveau coiffeur du coin qui a ouvert dans son quartier. Par définition, ce n’est donc ni l’âge, ni la taille, ni le secteur d’activité, qui font d’une entreprise une start-up, mais la réunification de trois conditions. La perspective d’une forte croissance, l’usage d’une technologie nouvelle et le besoin d’un financement massif, par des levées de fonds sont les éléments permettant de définir une start-up.

Parler de start-up nécessite également de parler de forte incertitude et de risque. En effet, la start-up est une entreprise pionnière, elle est liée à une notion d’exploration, et développe une activité sur un marché nouveau, dont le risque est très difficile à évaluer.

Mais au terme de phase de recherche, la start-up cesse d’être start-up. Ce n’est finalement qu’un état temporaire de l’entreprise. Soit parce que l’activité échoue et que la start-up disparaît, soit parce qu’elle réussit, et dans ce cas, elle est absorbée par un grand groupe, ou elle devient elle-même une entreprise avec un cadre traditionnel et un modèle économique établi. Cependant les grands groupes sont eux aussi nombreux à revendiquer un « esprit start-up », c’est-à-dire avoir un mode de fonctionnement qui stimule l’innovation, renforce l’esprit d’équipe et rend plus réactif. Sur ce point, Twitter, Facebook ou encore Google sont des exemples. Mais cela n’est que l’extrapolation de l’image que dégagent les start-up, sans considérer les difficultés qu’elles rencontrent.

Même si créer sa start-up est tentant, toutefois ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Si l’on voit beaucoup de start-up briller dans les médias, celles-ci ne représentent qu’une infime partie d’entre elles. Neuf start-up sur dix ont échoué lors de leur développement. La première cause de ces échecs réside déjà dans la corrélation entre le développement du produit et la trésorerie. Ensuite, certaines pépites ne parviennent pas à cibler les besoins réels du marché, et se lancent dans l’élaboration de produits qui peineront à trouver des financements.

Pour mettre en avant ces machines à innover, nos territoires mettent en place des écosystèmes qui leur sont entièrement dédiés : les accélérateurs et les incubateurs de start-up. Les incubateurs, premiers à avoir été mis en place, consistaient en de simples lieux de regroupement où les développeurs de ces projets pouvaient bénéficier d’un lieu approprié tout en bénéficiant d’une sorte de coaching. Mais le concept a évolué en même temps que les besoins, en offrant aux start-up un accompagnement plus personnalisé, sur du plus long-terme, en leur offrant notamment un accompagnement immobilier, ou encore des cours et des formations : c’est ce que l’on nomme les accélérateurs de start-ups. Si ces derniers sont essentiellement le fruit de l’action des collectivités, des écoles privées comme EDHEC ou HEC ont également apporté leur part de contribution. En 2016, cela représente 233 incubateurs et 51 accélérateurs.

Notre territoire n’est pas en reste, preuve en est avec l’action menée depuis quelques années par la Métropole Nice Côte d’Azur. Métropole labélisée « French Tech », Nice Côte d’Azur a au cœur de ses projets l’ambition d’accompagner toutes les jeunes pousses rêveuses d’un avenir radieux pour leur création. C’est dans ce cadre que s’inscrit le Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation ou CEEI, la pépinière d’entreprises de la Métropole. En neuf années et alors même que l’Éco-Vallée dans lequel le CEEI s’inscrit n’en est encore qu’au stade du développement, le premier bilan de la pépinière est déjà très prometteur. En effet, près de 120 start-ups ont pu en profiter, près de 600 emplois ont été créé, et plus de 35 millions d’euros ont pu déjà être levés grâce à cette pépinière !

Toutefois, si certaines start-ups développés sur notre territoire ont connu le succès, à l’instar de My Coach Football, qui a d’ores et déjà signé plusieurs contrats dont un avec la Fédération Française de Football, pour ne citer que cette start-up, il ne faut pas oublier le risque inhérent à cette activité comme évoqué précédemment. En effet, de nombreuses start-up sombrent dès la phase de financement, soit parce que leur projet n’était pas viable, soit parce que les investisseurs ou le cadre entourant ces jeunes pousses ont constitué un véritable frein. Autant dans le premier cas il est difficile d’agir, autant dans le dernier cas des actions peuvent et devraient être mises en place.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un classement d’Avril 2017 place la France 11e dans la liste des meilleurs écosystèmes propices au développement des start-ups, loin derrière l’Angleterre ou surtout la Silicon-Valley. En effet, une start-up parisienne peut espérer en moyenne lever 270 000 euros en fonds d’amorçage, contre plus de 450 000 en Angleterre ou 760 000 dans la célèbre Silicon Valley. Le principal frein dans ces investissements se situe au niveau des sources privées. Plusieurs problèmes ont été identifiés, comme le fait que les investisseurs s’orientent plutôt vers l’immobilier que vers les start-up ou encore une fiscalité trop dissuasive. C’est pour cela que les initiatives lancées par l’actuel gouvernement s’annoncent intéressantes, notamment en ce qu’il s’agit de la baisse de l’ISF par sa transformation en impôt sur la fortune immobilière, dont l’objectif est de détourner l’intérêt des investisseurs au profit des start-ups, ou encore par la mise en place d’un taux forfaitaire d’imposition de 30% sur les revenus du capital. Toutefois, ces gestes en faveurs des investisseurs ne doivent pas être vus comme une solution mais comme un moyen. En effet, il convient d’aller plus loin, en se calquant sur des modèles qui réussissent comme les modèles anglais ou américains. Dans les deux cas, des réductions d’impôts ont été mises en place pour encourager à l’investissement, et c’est précisément ce que notre programme proposait en 2017 à l’occasion de la présidentielle, en passant la réduction d’impôt déjà existante fixée à 18% à 30%.

La manne des start-up ne doit pas être négligée. En 2015, ce sont près de 3000 emplois qui ont été créés par cette seule source, soit 27% de plus que l’année précédente. Depuis, ce chiffre est en constante augmentation.

Cependant, si créer sa start-up n’est pas chose aisée, des acteurs extérieurs sont présents pour vous aider dans le développement de votre projet. Si créer sa start-up relève parfois presque de l’exploit, il est rassurant de voir que les services publics ont pris conscience des enjeux d’une économie de start-up et encourage ainsi à l’innovation et au développement. Dorénavant, la balle est dans le camp de l’État pour mettre en place un cadre optimal tant pour les créateurs de start-up que pour les investisseurs.