Tribunes / décembre 18, 2017

Des mesures efficaces nécessaires pour répondre à l’immigration illégale

La mare nostrum est une nouvelle fois le décor d’une situation millénaire :  et si le gouvernement Macron lutte contre vents et marées pour mener à bien sa politique immigratoire à terme, les chiffres font état d’une réalité qu’aucun discours politique, aussi sophistiqué soit-il, ne peut éclipser. La question migratoire est un enjeu majeur du XXIème siècle. S’attaquer à la racine du problème, dans les pays dévastés par la guerre, est nécessaire mais en ignorer ses conséquences sur le sol national est une grave erreur. Il est donc crucial d’établir un plan de lutte efficace contre l’immigration irrégulière afin de contrer les effets néfastes des réformes successives du gouvernement précédent. L’immigration clandestine, c’est l’entrée illégale, illicite, sur un territoire national d’étrangers n’ayant pas réalisé les formalités attendues. Comment la France et l’Europe doivent réagir face à un flux migratoire qui semble sans fin ? Dans les Alpes-Maritimes, nous connaissons encore mieux ce problème puisque le département est en première ligne avec la frontière franco-italienne.

Outre les coûts de l’accueil des étrangers en situation irrégulière, notre territoire est confronté à d’importants mouvements migratoires clandestins provenant de la péninsule italienne. Aujourd’hui les foyers de l’enfance sont saturés en raison de l’accueil de mineurs étrangers. L’Italie apporte une réponse humanitaire aux nombreux migrants remontés depuis le sud de la péninsule, faute de parvenir à endiguer la vague humaine.

Le flux de migrants qui traverse la frontière à Vintimille ne cesse de s’intensifier. Pour rejoindre la frontière française, ils traversent la rivière Roya près de la ville de Vintimille, dans le nord de l’Italie.

Ces derniers temps, la situation à la frontière italienne n’a cessé de se détériorer. Depuis la mi-avril, il y a un afflux important de migrants en situation irrégulière par la vallée de la Roya. La route migratoire de la Méditerranée centrale est redevenue celle principalement utilisée par les migrants venant d’Afrique. Ils passent par la Libye et remontent l’Italie avant d’arriver à Vintimille. La plupart ne demandent pas l’asile dans le département mais continuent leur route vers Paris, Calais ou l’étranger. Selon la Préfecture des Alpes-Maritimes, 28 000 migrants ont été interpellés depuis le début de l’année et 95 % ont été réadmis en Italie.

Pour comprendre ce qui se joue dans le département des Alpes-Maritimes, il faut remonter à novembre 2015. Avec l’état d’urgence, les contrôles aux frontières intérieures avaient été rétablis. De ce fait, les forces de l’ordre pouvaient interpeller les personnes en situation irrégulière au niveau des « points de passage autorisés » et dans un rayon de 20 kilomètres autour de ces zones. Parmi ceux qui arrivent jusqu’à Nice pour se faire enregistrer à la plate-forme d’accueil des demandeurs d’asile, la plupart ne se rendent pas à la convocation de la préfecture et préfèrent quitter le département.

Il est temps que l’État trouve des solutions concrètes pour contenir l’immigration illégale à la frontière franco-italienne. Par exemple, l’État italien refuse de réadmettre à ses frontières les mineurs isolés étrangers au motif que cette réadmission n’est pas prévue dans le cadre des accords de Schengen. L’Italie surfe donc sur un vide juridique. Ainsi, ces mineurs isolés étrangers interpellés près de la frontière franco-italienne sont automatiquement recueillis par la France et saturent les infrastructures d’accueil. A ce titre, il convient de renforcer le dialogue entre tous les Etats membres de l’Union Européenne pour établir une politique multilatérale.

Si la politique, c’est prévoir, nous n’avons pas su nous prémunir face au défi migratoire que subit l’Europe. L’apathie des dirigeants socialistes durant le quinquennat de François Hollande en matière d’immigration nous a menés à cette situation désastreuse. La commission des lois du Sénat, dans un rapport de novembre 2017, vise une loi votée sous François Hollande réduisant le délai laissé au préfet à 48 heures pour étayer les dossiers de rétention. Les conséquences sont terribles : « En 2017, 19,30 % d’étrangers placés en centre de rétention administrative ont été libérés dès les quarante-huit premières heures de rétention, alors qu’en 2016 seuls 6,35 % des retenus avaient été libérés pendant les soixante-douze premières heures de rétention. » Il est capital de rendre à l’administration les moyens dont elle disposait pour mener à bien sa mission.

Le 17 juillet 2017, une nouvelle intrusion de 130 migrants dans Nice a été constatée. Comme les fois précédentes, ces personnes sont accompagnées par les membres d’associations de soutien exerçant une pression intolérable sur l’État. Cédric Herrou, qui milite au sein de l’association d’aide et de défense des migrants Roya Citoyenne à la frontière avec l’Italie, est bien connu des autorités et n’en a pas fini avec la justice.

Cette énième vague de migrants qui ont réussi à entrer illégalement dans notre territoire est le constat de la faiblesse de l’État. Tout cela se passe dans l’indifférence la plus totale et le gouvernement peine encore à se positionner sur la question migratoire. Le Président de la République, Emmanuel Macron, tient un discours ferme mais il faut attendre des actes concrets pour voir sa détermination. Aussi la volonté du gouvernement d’une loi plus ferme sur le droit d’asile et la politique migratoire telle qu’exposée dans les colonnes du JDD doit être l’occasion de transformer la parole en actes. C’est pourquoi nous serons très attentif aux mesures présentées dans un texte qui se fait grandement attendre et qui ne doit pas se conclure en des « mesurettes ».

Comme Nicolas Sarkozy le défendait lors de la Primaire de la Droite et du Centre, la naissance d’un Schengen II est une nécessité. Il est urgent de renforcer les contrôles à nos frontières et de définir une vraie politique de gestion de l’immigration au plan européen et avec les pays d’origine des migrants. A propos de la situation des flux migratoires à la frontière franco-italienne, la première nécessité est que les effectifs permanents de la police aux frontières soient significativement renforcés afin de lutter contre l’immigration clandestine.

Il faut faciliter la rétention des étrangers en situation irrégulière qui n’ont pas à circuler librement. S’il est nécessaire de défendre le droit d’asile et le réserver aux réfugiés politiques, les autorités doivent reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile.

Cependant, il ne faut pas oublier que derrière les chiffres et les discours, les immigrés illégaux sont des êtres humains. Durant leurs demandes d’asiles, ces gens se retrouvent en grande précarité et sont souvent livrés à la rue. De nouvelles mesures sont nécessaires afin de réguler les flux migratoires. Il est donc aussi nécessaire de favoriser le développement des pays africains afin que ces populations n’aient plus à fuir tant pour des raisons économiques qu’humanitaire A ce titre, il convient d’instaurer un concert des nations qui œuvrera en faveur de la stabilité politique des pays en guerre ou en voie de résilience, apaisera les tensions entre opposants politiques, construira des relations diplomatiques durables et stables et, par-dessus-tout, démilitarisera les milices qui, dans la majeure partie des cas, ont une main mise sur la société et l’économie toute entière.